Tanz Ryzhomes

Artistes en résidence: Maria Beglerbegovic, Johanna Kotlaris, Gaia Vincensini
(Deutsch über + picts Gallery)

Ah merde, Ryzhomes, encore. 

On va encore essayer de faire un texte intelligent sur une exposition en nous sortant le bon vieux concept formulé par Deleuze et Guattari. Il a en effet été largement utilisé un peu à toutes les sauces même si aujourd’hui il semble être passé de mode… Si le terme ryzhomes peut faire peur à certains ou pousser d’autres à des discours techniques, il reste toutefois la tentative de définir des pratiques et peut-être un état d’esprit.

« Une organisation rhizomatique de la connaissance est une méthode pour exercer une résistance contre un modèle hiérarchique qui traduit en termes épistémologiques une structure sociale oppressive.”

De manière générale on pourrait présenter toute exposition avec cette définition, comme si c’était une mayonnaise qui accompagne facilement n’importe quel plat. Avec Tanz Ryzhomes, le trio d’artistes présentes à espace libre ne s’encombre pas d’illustrer un concept ni même de se reposer sur celui-ci pour chercher une légitimité à leurs travails. Elles dansent sur et avec celui-ci pour présenter des manières singulières d’associations d’objets et d’idées qui mettent en œuvre une logique propre. Si chacune a son propre univers on peut toutefois trouver un point commun dans le travail de Johanna Klotaris, Maria Beglerbegovic et Gaia Vincensini, dans la volonté de mettre en échec des systèmes dominants et la des hiérarchies de classification. 

Les artistes en résidence, en dehors de leur propre pratique ont décidé pour cette exposition de chercher à mettre en espace leurs travaux de manière a ce qu’ils puissent communiquer entre eux, avec une attention particulière à construire un niveau horizontal de perception. 

Le public est invité à chercher les récurrences, les thématiques qui trahissent chaque autrice tout en montrant leur rapport à des objets contemporains et les stratégies qu’elles ont mis en place pour les associer, leur pratique artistique devient ainsi une méthodologie du rangement, le détournement du status symbol, trouve l’impertinence du bouffon pour remettre à plat différents niveaux de notre quotidien, qu’il soit matériels, mythologiques ou émotionnels. Le parcours dans l’exposition révèle des systèmes rhizomiques qui produisent des connexions par arborescences, ils esquivent de mettre en place un système de valeur pour nous laisser sentir et ressentir, éveiller en nous une intelligence émotionnelle qui parfois certaines terminologies techniques nous poussent à laisser en veille. Il y a de la légèreté, mais faut pas s’y laisser tromper, c’est une danse qui a ses propres règles, qui nécessite aussi une longue préparation, une Tanz Ryzhomes qui à l’énergie de l’insurrection. 

DEUTSCH

Verflucht, Rhizom, schon wieder. 

Man versucht folglich abermals einen schlauen Text zu formulieren, und zwar indem man das gute alte Konzept von Deleuze und Guattari herauskramt.Dieses ist in der Tat bereits weitläufig verwendet und in sämtlichenVariationen aufgetischt worden, scheint allerdings heute etwas aus der Mode gekommen zu sein. Wenn auch der Begriff Rhizomeinige Menschen erschrecken oder andere zu technischen Diskursen drängen mag, so bleibt er doch letztlich derVersuch, ein Praktisches -und vielleicht einen Geisteszustand- zu definieren.

„Eine rhizomatische Wissensorganisation ist eine Methode des Widerstands gegen ein hierarchisches Modell, das eine repressive soziale Struktur in epistemologische Begriffe übersetzt.“

Allgemein könnte jedwedeAusstellung anhand dieser Definition präsentiertwerden. Gleich einer Mayonnaise, die mühelos zu jedem Gericht passt.Mit Tanz Ryzhomes macht es sich das im espace libre residierende Künstler-Triojedoch wederzur Aufgabe, ein Konzept zu illustrieren, noch sich auf diesem auszuruhen, indem es dadurch seine Arbeit legitimiert. Stattdessen wird auf und mit ihm getanzt, eigenen Wegen wird nachgespürt, Objekte und Ideen werden assoziiert, und nach und nach eine eigene Logik implementiert.Jede Künstlerin belebt ihr persönlichesUniversum, und doch lässtsichin der Arbeit Johanna Klotaris, Maria Beglerbegovicsund Gaia Vincensinisein Gemeinsames finden: den Willen, dominante Systeme und Klassifikationshierarchien zu bezwingen.

Die Künstlerinnenhaben sichfür diese Ausstellung dazu entschieden, ihre Werke auf eine Weisein den Raum zu stellen, die ihnen ermöglicht, miteinanderin Kommunikation treten zu können – mit besonderem Augenmerk auf den Aufbau einer horizontalen Wahrnehmungsebene.

Das Publikumist eingeladen, nach Wiederholungen zu suchen, nach Themen, welche die einzelnenAutorinnenverraten, während dieseihre Beziehung zu zeitgenössischen Objekten undihrejeweils entwickelten Assoziationsstrategienzeigen. Die verschiedenen künstlerischen Praxen werden zu Methodiken der Anordnung, die Unterschlagung des Statussymbols kooperiert mit der Impertinenz des Narren, ein Überdenken verschiedenerEbenen unseres täglichen Lebenswird eingefordert – seien diese materieller, mythologischeroder emotionaler Natur. Die Ausstellung offenbart rhizomatische Systeme, welcheuns Verbindungen zu Baumstrukturenherstellenlassen und zugleich den Aufbau von Wertesystemen vermeiden, so dass wir das allmähliche Erwachen einer emotionalenIntelligenz in uns spüren dürfen, diedurch bestimmte Fachterminologien manchmal dazu neigt, im Standby-Modus zu verharren. Da ist Leichtigkeit, aber man lasse sich nicht täuschen; es ist ein Tanz, der seineneigenen Regeln folgt, dereinerlangenVorbereitung bedarf, ein Tanz Ryzhomes, demdie Energie einesAufstands innewohnt.