It can’t rain all the time

Artist in residence: Sister from another mister (Amelia Prazak & Milda Lambertaite), José Gsell. (Deutsch Oben + pict gallery and vidéo)

En 1994 sort le film The Crow, qui devient culte. Le personnage est une sorte de joker bienveillant, l’ambiance est gothique, le personnage a des pouvoirs

surnaturels mais n’est pas un super héros. Les années ’90 ont commencé, avec leurs couleurs, leurs séries TV californiennes. La première guerre en Irak initiée par Bush Senior vient de se terminer, au Rwanda commence un génocide, c’est peut-être le début de cette pluie interminable. Des termes comme globalisation ou village global sont de plus en plus présents, le monde entre en réseau, l’ordinateur prend une place de plus en plus grande et se transformera bientôt en objet connecté, l’écologie entre dans les écoles, le recyclage devient une urgence. La pluie ne s’arrête jamais et la phrase du Crow devient un espoir vain, une blague ou tout simplement un mensonge? Au fond n’est-ce pas un fantôme qui la dit? Lui qui appartient en quelque sorte à un monde qui n’est plus?

La pluie ne s’arrête jamais. Une pluie artificielle, digitale, médiatique, spectaculaire. 

Une pluie qui entre dans les os et fait partie de nous, maintenant. 

Avec les artistes en résidence à espace libre, nous sommes la génération de la pluie sans fin. Techniquement nous sommes le maillon entre le X et le Y : pas encore des milléniaux, pas vraiment Grunge, on a commencé avec Nirvana, Beverly Hill, le prince de Bel air et on se fait des selfies, on gère des pages Facebook, on prend l’avion comme un bus de quartier. On connait bien la pluie et cette idée que bientôt tout va changer : il va arrêter de pleuvoir, ou alors ça sera la fin du monde. 

Génération… quel drôle de mot !  Nous sommes peut-être la première génération qui ne s’est pas définie par elle-même, qui a été estampillée par d’autres, par des chercheurs qui nous tiennent sous observation. En même temps ce terme produit un effet de séparation, comme si nous étions séparés des autres, coincés entre ceux d’avant et ceux d’après. Pourtant la pluie tombe sur tout le monde, sur tous les âges en même temps. 

Nous étions enfants quand la pluie a commencé ou recommencé à tomber, nous sommes devenus adultes sous ses gouttes.

Le jeux des conflits générationels semblent ridicules aujourd’hui.

Peut-être que nous ne souhaitons pas être une génération. L’idée de génération est-elle un piège?

Aujourd’hui la Turquie massacre dans la province Kurde de la Syrie, l’Irak est une ruine, la Ghouta en pleine catastrophe humanitaire, le Yemen de même, les océans remplis de plastiques, nous ne savons plus à quelle nourriture faire confiance pour notre santé, on déclare hors la lois des ONG qui récupèrent des bateaux en avarie remplis de personnes… combien de pages encore pour finir la liste? 

Il pleut, il pleut tout le temps. 

Nous avons grandi sous la pluie et peut-être avons nous développé une certaine expérience. Comment continuer à vivre dans ce climat -du moins certains d’entre nous, ceux qui ont le luxe de l’art, le luxe du temps, le luxe de la paix. Nous nous sommes faits piégés en croyant qu’un jour la pluie s’arrêterai, que nous avions une quelconque responsabilité, voir même le pouvoir de changer tout ça. 

Il est inutile de se disputer entre nous les parapluies pour se couvrir, défendre nos maisons sèches et nous soumettre aux instincts qui mêlent peur et violence. Nous avons commencé à danser sous la pluie. C’est un luxe. Il ne fait pas de nous des souverains, au contraire, nous ne voulons pas produire de nouveaux privilèges. Nous utilisons nos pouvoirs pour créer: des actes de dissidence temporaire. 

Cette exposition n’a pas la prétention des grands hommes de changer le monde. C’est une danse pour l’esprit, une forêt secrète et intime, un lieu propice comme jadis au sabbats de sorcières.

Nous avons arrêté d’attendre que la pluie se termine, 

le monde a fait de nous des sorcières qui dansent sous la pluie. 

IT CAN’T RAIN ALL THE TIME (Deutsch)

Als 1994 The Crowherauskommt, wird der Film zum Kult: Die Figur ist eine Art wohlwollender Joker, die Stimmung ist gotisch. Die Figur hat Superkräfte und ist dennoch kein Superheld. 

Die Neunzigerjahre beginnen mit Farben, kalifornischen Fernsehserien. Der erste Irakkrieg unter Bush Senior ist gerade zu Ende, in Ruanda beginnt der Genozid – vielleicht liegt hier der Beginn dieses unaufhörlichen Regens. Begriffe wie Globalisierung und global village werden immer präsenter. Die ganze Welt verbindet sich, Computer sind immer wichtiger und werden bald zu vernetzten Objekten. Ökologie wird zum Schulfach, Recycling zur dringenden Notwendigkeit. Der Regen hört nicht mehr auf und The Crows Satz wird zur vergeblichen Hoffnung, einem Witz oder schlicht und einfach zu einer Lüge. War es nicht eigentlich ein Geist, der diesen Satz gesagt hat? Ein Phantom, welches irgendwie einer Welt angehört, die es gar nicht mehr gibt?

Der Regen hört nie auf. Ein künstlicher Regen – digital, medienwirksam, spektakulär.

Regen, der durch Mark und Bein dringt, der heute ein Teil von uns geworden ist.

Wir, die Artists in Residence im Espace Libre, sind die Generation des unaufhörlichen Regens. Technisch gesehen sind wir das Bindeglied zwischen X und Y, noch keine Millenials und auch nicht wirklich Grunge. Wir haben mit Nirvana und Beverly Hills begonnen, mit dem Prinz von Bel Air. Wir machen Selfies von uns, betreuen Facebook-Seiten, steigen ins Flugzeug genauso wie in einen Bus. Wir kennen den Regen und die Vorstellung, dass sich bald alles verändern wird. Es wird nicht mehr regnen oder die Welt wird bald untergehen. 

Generation, was für ein lustiges Wort! Wir sind vielleicht die erste Generation, die sich nicht selbst definiert, sondern von aussenstehenden beschrieben wird – von Forschern, welche uns ständig beobachten. Gleichsam sorgt dieser Begriff für eine Spaltung, so als ob wir nicht zu den anderen gehörten, eingeklemmt zwischen denen vor und nach uns. Selbst wenn der Regen gleichzeitig auf alle jeden Alters fällt. 

Wir waren Kinder als es (wieder) zu regnen begann. Wir sind unter seinen Tropfen erwachsen geworden.

Dieses Spiel der Generationskonflikte erscheint heute lächerlich.

Könnte es sein, dass wir gar keine Generation sein wollen? Dass die Idee der Generation eine Falle ist?

Heute begeht die Türkei Massaker in den kurdischen Provinzen Syriens, der Irak ist zerbombt, Ghouta in einer humanitären Krise, der Jemen genauso. Die Ozeane sind voller Plastik, wir wissen nicht mehr, welche Nahrungsmittel gut für unsere Gesundheit sind. Das Retten von Booten in Seenot, welche voller Menschen sind, wird als gesetzwidrig eingestuft. Wie viele Seiten braucht es noch, um die Liste zu beenden?

Es regnet, es regnet die ganze Zeit.

Wir sind im Regen aufgewachsen und haben daher vielleicht etwas Erfahrung, wie man in einem solchen Klima lebt – zumindest diejenigen unter uns mit dem Luxus der Kunst, der Zeit und des Frieden. Wir wurden im Glauben gelassen, der Regen würde eines Tages aufhören, dass wir Mitverantwortung hätten und sogar die Macht besässen, etwas zu verändern.

Es macht keinen Sinn, um die Schirme zu streiten, die uns schützen, um unsere trockenen Häuser zu kämpfen und sich dem Instinkt hinzugeben, der Angst und Gewalt vermischt. Wir haben begonnen, im Regen zu tanzen. Das ist der wahre Luxus! Es macht uns nicht zu Herrscher_innen. Im Gegenteil, wir wollen keine neuen Privilegien erzeugen. Wir setzen unsere Macht ein, um kreativ zu sein und uns zeitweise abzuspalten. 

Diese Ausstellung will nicht die Welt verändern. Sie ist ein Tanz für den Geist, ein geheimer und intimer Wald, ein Ort wie früher am Hexensabbat.

Wir warten weiterhin darauf, dass der Regen aufhört.

Die Welt hat uns zu Hexen gemacht, die im Regen tanzen.