Chaka boum

Artistes en résidence: Denise Bertschi, Manuel Perrin
(Deutsch Oben + picts gallery)

Le titre de cette exposition est le résultat d’une erreur : chaka boum n’existe pas.

Du moins pas réellement sous cette forme. Google conseille « boum chaka » et d’autres déclinaisons de ces deux sonorités. Au départ était l’envie de s’inspirer de l’introduction d’une reprise de « Besame Mucho » par les Beatles mais, après une écoute plus attentive, on peut se rendre compte que les paroles exactes sont « CHA-CHA Boum », toujours pas « chaka boum ». 

La formule originale serait : Boom Shakalaka, expression issue d’un langage urbain, métisse, (selon les premières sources sur le net il s’agit de jargon issu de la culture du basket). 

Suite à une discussion avec les artistes ce titre/erreur a finalement été retenu, pour sa sonorité, mais aussi parce qu’il ne veut rien dire et peut tout dire. 

Un mot valise, comme on en trouve souvent. A la différence d’autres mots « fourre-tout » Chaka Boum, par sa nature, ne renvoie pas à un ensemble de concepts prémâchés : il est d’origine non-controlée. 

C’est cette absence d’origine qui est ici intéressante et qui permet d’ouvrir la réflexion sur l’exposition ainsi que sur les travaux présentés. Il devient ainsi une sonorité qui engendre l’exposition, son énergie, sa logique : Chaka Boum est un micro Bing Bang qui provoque un départ pour commencer l’itinéraire thématique de l’exposition. C’est une valise vide à remplir avec l’expérience que chacun fera des œuvres présentées à espace libre. 

Chaka Boum est un clap, un son, il annonce la création artistique qui avance par tentatives, qui produit des erreurs, qui prennent un sens inattendu, et sont finalement retenues pour décrire le processus de la mise en œuvre. Son essence indéfinissable renvoie à la recherche esthétique, peut-être aussi au désir d’élargir le champ des possibles. Chaka Boum ne cherche pas à se formuler comme une « tabula rasa », tout en esquivant la fascination d’une origine nostalgique, fascinée et fascinante. 

Les oeuvres des artistes se faufilent dans des interstices qui refusent de suivre une tradition à la lettre, mais ne cherchent pas non plus à l’effacer. C’est un Chaka Boum, une formule qui naît d’une erreur par rapport à une expression qui existe déjà, l’évoque, la fausse et l’éclate pour l’amener dans un nouveau territoire. 

« Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde »

En s’inspirant de cette citation du philosophe Wittgenstein, « Chaka boum » illustre cette volonté de repousser ses propres limites, de chercher de nouveaux mots pour étendre la manière de décrire et de vivre le monde (de l’art). 

DEUTSCH

Boom Shakalaka ! Dieser aus dem Basketballjargon kommende Ausdruck soll der Ursprung sein. Urbaner Slang, klangvolle Parole. Nicht zuletzt wegen dieser Eigenschaften haben die Künstler diesen Titel (Irrtum) beibehalten, auch weil er nichts und alles bedeuten kann. Ein Wortschmelztigel, wie man ihn des Öfteren findet. Aber er unterscheidet sich doch von anderen nichtssagenden Ausdrücken, weil Chaka Boum niemanden an Vorgekautes heranführt: Es ist ursprünglich unkontrolliert.

Es ist genau diese Abwesenheit von Herkunft, die hier interressiert und die Reflexion über die Ausstellung eröffnet… es wird zum Klang der Ausstellung, zu seiner Energie und Logik: Chaka Boum, als Urknall, der den Einstieg in das Thema und die Ausstellung ermöglicht und erleichtert. Ein leerer Koffer, den jeder mit seinen eigenen Erfahrungen mit den ausgestellten Werken (im Espace libre), füllen wird. 

Chaka Boum ist ein Geräusch, ein Klang, der den kreativen Prozess ankündigt, der durch Versuchungen, Fehler und Irrungen unerwarteten Sinn findet, um letztendlich den künstlerischen Prozess zu beschreiben. Sein unbestimmter Grund schickt jeden auf den Weg der ästhetischen Forschung, vielleicht um das Feld der Möglichkeiten zu erweitern.

Chaka Boum ist kein Neuanfang, weicht aber auch einem nostalgischen Ursprung, faszinierend aus.

Die Arbeit der Künstler schlüpft  durch Lücken, die sich einer buchstäblichen Tradition verweigern, sie aber auch nicht verleugnen. Es ist ein Chakaboum, entstanden aus einem auf Irrwege geratenen, schon existierenden Begriff, ihn beschwört, verfälscht, ihn bersten lässt um ihn in einen anderen Zusammenhang zu bringen.

« Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde »

«Die Grenzen meiner Sprache sind die Grenzen meiner  Welt»

Um dieses Zitat des Philosophen Wittgenstein frei aufzunehmen, fiel die Wahl für den Titel der Ausstellung auf Chaka Boum, um dem Willen Ausdruck zu verleihen, die eigenen Grenzen auszuloten, neue Begriffe zu finden und die Möglichkeiten auszuweiten, wie wir die Welt (der Kunst) erleben und beschreiben können.